Ville intelligente, ville intelligente, est-ce que j’ai une gueule de ville intelligente ?

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A l’heure où nous entendons beaucoup parler de smart city ou de ville intelligente il est intéressant de se questionner un peu, beaucoup, passionnément… sur cette nouvelle appellation d’origine contrôlée.

En effet les premières idées qui nous viennent à l’esprit quand on parle de cette nouvelle approche des villes sont : l’internet des objets, la technologie au service du développement durable, les économies d’énergies, la rencontre des industriels et des collectivités pour améliorer le fonctionnement de la ville dans toutes ses dimensions par le numérique…

Si pour vous, le terme de Smart City n’est pas très évocateur, découvrez notre définition et nos cinq prédictions de la ville de demain.

Mais est-ce que la ville est le bon niveau de réflexion pour relever les défis de notre siècle?

L’urbanisation croissante, la concentration de plus en plus forte de citoyens en ville, est à l’origine d’opportunités inédites mais également de nouvelles difficultés dans la gestion urbaine (ressources en eau de plus en plus rare, earth-globelutte contre les gaz à effet de serre et contre la pollution atmosphérique, remise en question de certains modes de transports du fait de la raréfaction des carburants fossiles, problèmes posés par les fractures sociales – ghettoïsation, par les catastrophes industrielles et par l’insécurité, production excessive de déchets, consommation croissante d’énergie), qui, mal prises en compte, conduisent à un renforcement de la dégradation environnementale, de la pauvreté et de l’exclusion.

Les décisions prises chaque jour dans nos villes concernent notre avenir et celui des générations futures. Chacune aura un impact majeur dans les problématiques qui seront traitées dès aujourd’hui, mais également en 2050 quand 70 % de la population mondiale sera urbanisée.

food Plus que jamais, la construction d’un meilleur vivre et agir ensemble dépend de la place prise par les villes dans nos vies, leur capacité d’attraction, la qualité des choix de gouvernance et l’épanouissement de ses habitants.

Relever l’ensemble des défis de ce siècle (sociaux, urbains, technologique, densité, accès aux savoirs, lutte contre toutes les précarités et autres exclusions) ne peut se résumer à la seule compilation des choix des villes parfois contradictoires les uns par rapports aux autres.

Ne faut-il pas réfléchir et porter la notion de “territoire intelligent” à des échelles plus pertinentes comme les SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale), voire au niveau des régions pour être réellement à la hauteur de ces enjeux ?student-hat

Les civilisations qui nous ont précédés ont dû et su faire preuve de beaucoup d’intelligence et d’ingéniosité pour relever les défis de leur siècle.

En effet, les villes occupent aujourd’hui 2 % de la surface du globe, elles abritent 50 % de la population mondiale, consomment 75% de l’énergie produite et sont à l’origine de 80 % des émissions de CO2.

courses La complexité des villes, l’urbanisation croissante, l’augmentation des besoins à satisfaire en lien avec l’explosion démographique et les flux migratoires, la pression due à la diminution des ressources, mais également leurs fractures socio-économiques visibles dans le tissu social, c’est d’autant plus de problématiques qui se trouvent au cœur des mutations vertigineuses du tissu urbain.

Le succès de la transition vers une société bas carbone et inclusive repose donc en grande partie sur ce que les villes décideront ensemble et à d’autres niveaux de gouvernance. Leurs rapide implication est essentielle afin d’améliorer la performance de ces territoires.
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Au moment où il est question de resserrer les coûts un peu partout sur le territoire et réduire les déficits, il va de soi que repenser les politiques publiques et privées à l’ère numérique est une priorité.

Préconiser des métropoles 3.0 c’est militer pour une révolution des services publics et des infrastructures urbaines afin de rendre la ville au sens des régions urbaines plus efficace.

courtLa smart city, c’est une bonne gestion du territoire et de ses mécanismes en mêlant public et privé, les SCOT et ses habitants, le fournisseur de service et ses usagers. Il faut agir étape par étape et en collaboration à partir de la mobilisation de villes qui s’engagent et qui vont essaimer sur des territoires de plus en plus vastes et connectés. Les métropoles 3.0 peuvent être les premiers maillons du renouveau du vivre et agir ensemble.

Dès lors comment préparer la mutation des territoires à ces nouveaux défis pour garantir aux générations futures la sécurité énergétique et un cadre de vie meilleur que celui actuel ou au moins égal?

Comment penser et anticiper leurs fonctions vitales – la mobilité et l’approvisionnement en eau et énergie, les réseaux de  transports et la gestion de ses déchets – bicyclepour répondre aux nouvelles problématiques écologiques et aux exigences de confort des citadins ? Quels seront les bénéfices apportés par les systèmes énergétiques intelligents aux territoires urbains ? Comment lutter contre la ségrégation territoriale ? Comment rendre accessible à tous l’excellence de nos territoires?

Pour répondre à ces défis, les villes à l’échelle des SCOT sont le bon échelon de gouvernance et d’innovations sociétales.

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Cet écosystème intelligent qu’est “la ville”, s’il est d’abord la résultante des intelligences individuelles doit beaucoup à la notion du collectif et du partage car c’est ensemble que l’on va plus loin.

Des tendances et des besoins auxquels des logiques smart peuvent répondre

  • Développer le numérique dans les services publics, les infrastructures urbaines et les entreprises pour les rendre plus efficace et moins coûteuse
  • Expérimenter de nouvelles collaborations entre public et privé pour accroître les retombées économiques, préserver l’emploi et le développer pour tous
  • Inventer de nouvelles façons d’associer toutes les parties prenantes d’un territoire
  • Choisir le bon niveau de gouvernance  
  • Fiabiliser et actualiser les données, rendre lisible et compréhensible par tous certains indicateurs avec des tableaux de bords interactif pour mieux piloter et décider
  • Améliorer la qualité de vie et  l’attractivité urbaine
  • Permettre la mobilité et limiter le stress et les congestions
  • Adapter l’administration locale et nationale
  • Consacrer la participation directe des habitants et des entreprises
  • Augmenter les performances environnementales
  • Favoriser les entreprises et l’émergence de business model associés

Développer dans les territoires de nouveaux services performants et collaboratifs

  • Mobilité intelligente et transport :
    L’un des défis consiste à intégrer différents modes de déplacement (rail, automobile, cycle, marche à pied et navette fluviale) en un seul système qui est à la fois efficace, facilement accessible, abordable par tous, sûr et à forte valeur environnementale.mobilité durable
    Cette intégration permet une empreinte écologique réduite, optimise l’utilisation de l’espace urbain et offre aux citadins et autres salariés une gamme variée de solutions de mobilité répondant à l’ensemble de leurs besoins sans les opposer les uns aux autres.
    Par ailleurs la métropole 3.0 devra mettre en place les dernières technologies de transport en commun et de mobilité électrique.
  • Environnement durable :
    Les métropoles 3.0 doivent agir dans deux domaines principaux : les déchets et l’énergie.
    Concernant les déchets, les villes ont pour mission de réduire voire d’éviter au maximum leur production de déchets et de mettre en place des systèmes efficaces de récupération et environnementde valorisation des déchets. 
    Dans le domaine de l’énergie, les villes doivent renforcer leur action en matière d’efficacité énergétique (développement de l’éclairage public à faible consommation par exemple) et doivent mettre en place des systèmes de production locale d’énergie (panneaux solaires sur les toits des édifices, production d’électricité à partir des déchets…)
  • Urbanisation responsable et habitat intelligent :
    La valeur élevée de l’immobilier dans les centres villes combiné à la disponibilité limitée des terres rendent l’urbanisation actuelle complexe. En effet, le modèle de l’étalement urbain – coûteux en espace, en équipements publics et en énergie – qui primait jusqu’ici n’est plus possible.
    Il faut réinventer des formes urbaines qui seraient à laurbanisation responsable fois respectueuses d’une intimité indispensable (résidentialisation…), assureraient un ensoleillement suffisant, permettraient des évolutions (modularité de l’habitat pour prendre en compte l’évolution des familles et du vieillissement) et favoriseraient le parcours résidentiel pour tous. Les bâtiments devront également être plus intelligents afin de faciliter et d’améliorer la gestion de l’énergie, voire de réduire leurs consommations.

Ces défis seront gagnés si l’ensemble des parties prenantes de la cité au sens large du terme est engagée et si tout cela est vérifiable, avec des mesures de suivi et d’impact et c’est bien en innovant et en favorisant l’intelligence collective à travers les territoires que nous contribuerons à rendre le monde meilleur.

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